L’intelligence émotionnelle, ça s’apprend ?

L’intelligence émotionnelle, ça s’apprend ?

Compétences du XXIe siècle, soft skills, compétences socio-émotionnelles … Toutes ces expressions fleurissent un peu partout dans la presse depuis quelques années, et font les couvertures de médias en tout genre : éducation, psychologie et bien-être, travail et entreprise, tout le monde en parle.

Derrière ces différentes expressions qui attirent et intriguent, se cache un concept qui a commencé à faire parler de lui dans des études scientifiques assez récemment : l’intelligence émotionnelle.

Alors d’accord, tout le monde en parle, et tout le monde s’accorde pour dire que c’est super important. En fait, parler d’intelligence en 2020 sans prendre en compte l’intelligence émotionnelle, ce serait un peu comme parler d’économie sans écologie. Vous voyez le truc ?

Mais du coup, qu’est-ce que c’est exactement ? Et puis, est-ce que ça peut vraiment s’apprendre ? Même à des enfants ?

Qu'est-ce que l'intelligence émotionnelle ?

Le thérapeute Michel Claeys Bouuaert (un monsieur super connu qui a écrit plein de bouquins sur cette question) nous explique que l’on peut penser l’intelligence émotionnelle en deux grands ensembles :

  • C’est d’abord quelque chose de purement intérieur à soi-même, c’est “le degré de maturité émotionnelle d’un individu, sa capacité à être en paix avec lui-même, à rester émotionnellement en équilibre, conscient de ses émotions mais sans se laisser emporter par elles.”
  • C’est aussi de façon plus large, les capacités d’un individu “à établir avec le monde qui l’entoure des relations harmonieuses, créatives, assertives en même temps que respectueuses”.

Vous l’aurez compris, c’est un concept qui englobe aussi bien les compétences intra-personnelles qu’interpersonnelles ! Être bien avec soi-même, avec les autres et le monde qui nous entoure.

Mais est-ce que ça s'apprend ?

Oui ! C’est ce qu’on appelle l’éducation émotionnelle !

En tant qu’adultes, nous n’y avons souvent pas eu le droit lors de notre enfance ! Mais ce n’est pas une raison pour ne pas l’envisager pour nos enfants.

Le but de l’éducation émotionnelle, c’est de développer les compétences liées à tous ces aspects de la relation à soi-même, aux autres, et au monde.
Les apprentissages qu’elle vise touchent à des domaines distincts, mais qui sont étroitement liés et doivent être considérés comme un tout :

  • Eveil corporel et bien-être physique
  • Équilibre émotionnel
  • Contrôle du mental
  • Réalisation de soi
  • Education sociale
  • Education transpersonnelle

Pour bien comprendre ce qu’est l’éducation émotionnelle (et se rassurer à ce sujet), il est important de comprendre aussi ce avec quoi il ne faut pas la confondre. Là encore, c’est Michel Claeys qui nous éclaire sur la question, en indiquant à juste titre que l’éducation émotionnelle n’est pas :

  • Une matière théorique à assimiler intellectuellement qui serait sujette à des tests et examens ;
  • Des préceptes comportementaux relevant de la morale, sur ce qui est « bien » ou « mal » ;
  • Une marche à suivre forcée pour développer le caractère, formater les personnalités ou contrôler les émotions ;
  • Une psychothérapie qui permettrait de régler des problèmes personnels ;
  • Un cours de psychologie.

Et du coup, comment on se lance ?

Vous l’aurez compris, l’intelligence émotionnelle, cela peut s’apprendre.

Et dans l’ensemble, il existe plusieurs méthodes pour travailler ces compétences socio-émotionnelles avec des enfants. Parmi elles, on peut notamment en mentionner quelques-unes qu’on affectionne tout particulièrement aux Décliques : le jeu, les cercles de partages, les activités créatives, la méditation et la sophrologie, les activités éducatives, et bien d’autres !

Au-delà des méthodes employées, ce qui est primordial pour se lancer dans cette belle aventure de l’éducation émotionnelle, c’est le cadre dans lequel va se dérouler l’apprentissage. Il est nécessaire de créer un environnement favorable et bienveillant (aux Décliques, on s’appuie sur la nature), et d’instaurer de la confiance au sein du groupe (c’est le rôle de nos supers animateurs).

Le mieux est aussi de s’inscrire dans une forme de continuité. L’apprentissage doit s’installer sur la durée, et un animateur doit suivre un même groupe d’enfants au fil des sessions.

Quand est-ce que ça arrive à l'école ?

Ça y est, vous aussi vous êtes convaincu.e.s de la nécessité de cultiver ces compétences socio-émotionnelles chez vos enfants. Et vous n’êtes pas les seuls ! En France, de plus en plus d’acteurs militent pour l’intégration de ces apprentissages aux programmes scolaires.

Mais pour l’instant, comme pour la question du jeu libre en plein air et des forest schools, on est encore un peu en retard en comparaison à certains de nos voisins : au Danemark par exemple, les enfants suivent des cours d’empathie à l’école.

En tout cas, aux Décliques, on est convaincus de l’importance de cet apprentissage (nous l’avons nous-mêmes vécu comme une petite révolution… à l’âge de 23 ans), et c’est bien pour ça que toutes nos escapades commencent avec un atelier émotions et connaissance de soi !

En attendant si vous voulez en savoir plus, Michel Claeys a mis son ouvrage L’éducation émotionnelle de la maternelle au lycée en téléchargement libre ici. Un grand merci à lui !

A propos des Décliques

Pour les petits citadins en mal de verdure, nous organisons des escapades dans les espaces verts des grandes villes pour leur permettre de jouer, se découvrir et s’épanouir.

Pour provoquer le déclic, c’est par ici : https://lesdecliques.com

Laisser un commentaire